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Formation des enseignants : le CEVU vote la motion présentée par les élus "Réinventer l’université"

La "Masterisation" à l’épreuve du CEVU

vendredi 29 janvier 2010


Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire de l’UPMC réuni le 25 janvier 2010 s’est prononcé favorablement par 10 voix pour, 7 contre, 3 abstentions et 1 refus de vote, sur le texte ci-dessous concernant la réforme de la formation des enseignants, proposé par la liste « Réinventer l’université » face à une motion défendue par la présidence de l’université. Les élus de « Réinventer l’université » soumettent donc ce texte au Conseil d’Administration du 1er février 2010.

L’enseignement et donc la formation des enseignants représentent un enjeu de société fondamental pour tous. Les orientations présentées par le gouvernement les 13 et 18 novembre menacent :

- d’augmenter la durée des études non rémunérées sans prévoir d’aides financières adéquates pour compenser cet allongement

- d’envoyer en stage de M2 en responsabilité des étudiants sans formation, alors que le nombre d’enseignants titulaires diminue, ce qui reviendrait à attribuer aux étudiants stagiaires le rôle de remplaçants

- de nuire aussi bien aux formations disciplinaires que pédagogiques des étudiants. Sous couvert d’une augmentation du niveau d’étude requis pour le recrutement des professeurs, la réforme proposée entraîne la disparition quasi totale de la formation pédagogique, didactique et professionnelle actuellement assurée par l’Education Nationale. Cette formation sera assurée de façon minimaliste au cours du Master au détriment de la formation disciplinaire. Ceci aboutira donc immanquablement à une diminution significative de la qualité du recrutement des professeurs

- de créer une précarité au sein du corps enseignant et une éducation à deux vitesses alors que le système actuel assurait un niveau homogène de recrutement sur l’ensemble du territoire Pour être titularisable, le lauréat d’un concours d’enseignement devra valider son année de M2. Il semble probable qu’un nombre significatif d’étudiants ne puisse atteindre ce double objectif, ayant validé le M2 mais échoué au concours. Malgré leur formation professionnelle très superficielle, ceux-ci fourniront au Ministère de l’Education Nationale une main d’œuvre précaire, bon marché aisément corvéable, particulièrement dans les zones difficiles.

- de déstabiliser l’ensemble des formations en place, aussi bien dans les IUFM que les universités. Le cadrage des masters présentés, adossés à la recherche, ne peut être mis en adéquation avec les modalités des concours tels que définis par l’arrêté du 28/12/2009 (B.O.du 6/01/2010). Ce texte a d’ailleurs été rejeté par le CNESER du 21 décembre à la quasi unanimité (seul le MEDEF et l’UNI ont voté pour).

Le CA de Paris 6, réuni le lundi 1er février 2010, suite au CEVU de Paris 6 réuni le 25 janvier 2010 qui s’est déjà prononcé favorablement à cette motion, rejette ces choix et demande une réforme conduisant à une réelle élévation de la qualification de tous les enseignants et une réelle amélioration de la formation des enseignants pour l’avenir des élèves, tout en garantissant la mixité sociale du recrutement et après une réelle consultation de tous les acteurs du monde de l’éducation.

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