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bilan social 2009

mercredi 6 avril 2011


« Bilan des politiques sociales 2009 » : un hommage au général Potemkine ? [1]

- 85% des enseignants chercheurs sont titulaires (page 9).
- 73% des Biatoss sont titulaires (page 12).
- Le budget de la formation des personnels a augmenté de 57,6% entre 2007 et 2009 (page 5).

Ce sont là quelques unes des surprenantes affirmations qui apparaissent dans le « Bilan des politiques sociales 2009 » publié par l’UPMC. Comme l’ont une nouvelle fois souligné plusieurs intervenants lors du CTP du 8 mars 2011, il est plus que temps que la politique sociale de l’université fasse l’objet d’un débat de fond dans les conseils. Mais pour qu’un tel débat puisse avoir lieu, il est nécessaire de disposer d’un recueil de données fiables qui permette de dresser l’état des lieux et de suivre les évolutions des dernières années. Un examen, même rapide, du document présenté sous le titre « Bilan des politiques sociales 2009 » montre qu’il ne saurait remplir ce rôle. Lors de la présentation des éditions précédentes (2007 et 2008), plus modestement intitulées « Bilan social », le CTP avait relevé le nombre impressionnant d’erreurs et d’incohérences qu’elles contenaient, et souligné combien leur mode de présentation était biaisé et dissimulait certaines tendances inquiétantes : explosion de la précarité, politique de formation indigente, très faibles taux de promotion et de mobilité interne. L’édition 2009 franchit un nouveau pas avec des assertions qui ont perdu tout rapport avec la réalité.

1) Nous reproduisons sous forme de tableau la répartition des emplois contractuels (en ETPT, équivalent temps plein travaillé) telle qu’elle ressort du « Bilan social 2008 » et du « Bilan des politiques sociales 2009 » pour la même année 2008.

Selon le Bilan social 2008 (pages 27 et 41)

2008

Contractuels

Enseignants chercheurs

1384,3

BIATOSS

870,1

Total

2254,4

Selon le Bilan des politiques sociales 2009 (indicateurs 14+23 et 36+37+38+39) :

2008

Contractuels

Enseignants chercheurs

1786,2

BIATOSS

523,37

Total

2309,57

On ne s’attardera pas sur la différence affectant le total général (55,17 tout de même...). On observe que pour la même année 2008 et d’un document à l’autre le nombre de BIATOSS contractuels est minoré de 346,73 pendant que le nombre de contractuels enseignants chercheurs est majoré de 401,93. Lorsque ces contradictions ont été soulevées au CTP, il a été répondu d’un ton condescendant que "les périmètres" changeaient fréquemment et que le ministère et le rectorat n’étaient pas d’accord entre eux sur la définition des diverses catégories. S’il est parfois utile de faire évoluer la terminologie, la rigueur scientifique exige qu’on s’en explique clairement et qu’on explicite les conséquences sur les résultats présentés...On aimerait savoir quel mystérieux changement de « périmètre » a transformé 346 emplois BIATOSS en emplois enseignants chercheurs. On pourrait d’ailleurs penser que la définition d’un enseignant chercheur est relativement claire. Au demeurant, celle qui est donnée à la page 11 du Bilan Social 2008 ("La population "Ens.-chercheur hospitalier" désigne les enseignants-chercheurs sciences et hospitalo universitaires de l’UPMC, les allocataires de recherche / moniteurs (thésards), les chercheurs des EPST, EPIC..., les enseignants chercheurs des universités partenaires de l’UPMC.) correspond exactement à la terminologie utilisée dans le tableau des plafonds d’emploi du Bilan 2009 (page 7). Tout ceci ne suscite pas une grande confiance dans les données qui nous sont présentées…

2) On affirme à la page 9 que 85% des enseignants-chercheurs sont titulaires, et à la page 12 que 73% des Biatoss sont titulaires. Pourtant, l’université emploie 6126 agents dont 3644 titulaires et 2482 contractuels (indicateurs 3 et 4). Il n’est pas difficile d’en déduire que la proportion de titulaires est de 59,48% . Cherchez l’erreur.

3) Selon l’indicateur 7, il y aurait 1884 + 320 = 2204 enseignants chercheurs. En les additionnant aux 2410 Biatoss fournis par l’indicateur 26 on obtient un total de 4614 agents au lieu de 6126. Cherchez l’erreur. C’est sur cet indicateur 7 que repose l’affirmation selon laquelle 85 % des enseignants chercheurs sont des titulaires. On a tout simplement omis de comptabiliser les post-doctorants , les ATER , les allocataires de recherche, les moniteurs etc.. En réalité, le pourcentage de titulaires enseignants chercheurs est de 52,35%.

4) On affiche qu’« un processus de stabilisation des contractuels a été organisé » qui a abouti à titulariser 38 agents et « CDIser » 42 autres (indicateur 40). Pourtant, le nombre de CDI n’a augmenté que de 24,31, passant de 46,19 à 70,5. Il ya donc eu 17,69 départs c’est-à-dire 38,3% de l’effectif 2008. Il y a lieu de s’interroger sur les raisons d’un tel phénomène.

5) On affirme (page 5) que le budget de la formation des personnels a augmenté de 57,6% entre 2007 et 2009. Un simple coup d’œil sur le tableau de la page 36 (indicateur 103) montre qu’il n’en est rien. Rapporté à la masse salariale (indicateur 71), le budget de la formation a en fait diminué de 9,6%. Le pourcentage de la masse salariale consacré à la formation est ainsi passé de 0,36% à 0,32%. Rappelons que depuis la loi Fillon de 2004 les entreprises de plus de 10 salariés sont tenues de dépenser 1,9% de leur masse salariale pour la formation… Tous les autres indicateurs de la page 36 (nombre de journées de formation, nombre de stagiaires) sont en baisse par rapport à 2008. En réalité, les actions de formations dont bénéficient le personnel concernent principalement l’adaptation immédiate aux fonctions occupées (formation aux logiciels SIFAC ou CASPER). La politique de formation du personnel n’est manifestement pas conçue comme un outil de promotion sociale et il n’existe aucune politique incitative allant dans ce sens. Le très faible nombre de réussites aux concours reflète cette carence.

6) Les données des indicateurs 9, 11 et 13 ne concordent pas avec celles du tableau de la page 7. Idem pour les indicateurs 14+23, 29+31+33+35, 36+37+38+39.

Les données ont-elles été délibérément manipulées ? Si ce n’est pas le cas il faudrait alors conclure que le système d’information présente des insuffisances telles qu’on ne peut en extraire que des données inutilisables. Ce serait une nouvelle illustration de la folle précipitation avec laquelle la direction de l’université a imposé le passage aux RCE (responsabilités et compétences élargies), dans les graves conditions d’impréparation que nous avons exposées et qui subsistent plus de deux ans après.

Documents joints

Notes

[1] La légende rapporte que le général Potemkine, ministre (et quelque chose de plus) de l’impératrice Catherine de Russie, lui faisant visiter la Crimée fraîchement conquise, la promena dans les rues de villages où l’on avait édifié de fausses façades pimpantes et prospères, afin de masquer la misère et la désolation d’un pays ruiné.

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